Ni plus ni moins

Je prendrais le génie grave de Baudelaire, Les mots si fins d'Hugo, La légère fantaisie de Nerval La foi et l'espérance du psalmiste. J'aurais la sensualité de Chagall, La splendeur de Poussin, Les couleurs de Van Gogh, La sobriété de Jacobus Vrel. J'adopterais la légèreté de Vincenot L'efficace concision de Maupassant La précision chirurgicale de Zola, L'élégante recherche de Péguy. Je serais peintre et poète, Poète et romancière, Romancière et chanteuse, Chanteuse et peintre. Ma voix, mes mains, mon corps, Mes paroles et mes écrits Seraient l'art incarné. Le monde m'adulerait.

Dans les cieux, mon nom ne serait pas écrit plus gros, Plus gras, Plus visible, Plus brillant Plus indélébile. Mais tracé amoureusement, très finement, Par la délicatesse paternelle. Comme il l'est déjà. Ni plus, ni moins.

Illustration : Caspar Dabis Friedrich, Le Moine au bord de la mer, 1808-1810

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