À qui la faute ?

Dernière mise à jour : août 26

Ils étaient partis pèlerins en herbe, désireux de se dépasser pour trouver Dieu. Un peu perdus, comme tout un chacun avouons-le, mais ouverts aux saints, aux anges, à tout ce surnaturel qui allège le cœur et le fait redevenir enfant, enfant de Dieu.

Ils sont revenus pilliers de bars et non pilliers d'église, plus attachés à la bière qui empate qu'aux prières qui élèvent.

À qui la faute ?

Sur le chemin, les bars étaient ouverts, dans les villes comme les villages et parfois même au carrefour des pistes de la pampa ; les églises étaient fermées dans les sanctuaires, les villages perdus et mêmes les villes.

Ils ont pris l'habitude d'entrer dans les uns et de s'éloigner des autres.

À qui la faute ?

Les patrons de bar avaient le sourire et l'encouragement faciles ; les curés, les rares jours où la messe fut annoncée, semblaient penser à leur liste de courses ou à leur estomac au moment de distribuer le corps sacré.

La bière de mi-étape est devenue sacrée, incontournable, franc moment de communion réunissant les nations. L'hostie n'a jamais été présentée ainsi.

À qui la faute ?

Les auberges tenues par des religieux n'offrent plus l'habit à la vue du marcheur ; seul point commun avec le barman : le frère est en short et claquettes.

Certaines de ces mêmes auberges offrent un inutile petit objet de plastique, symbole de fraternité fabriqué probablement par des gamins du Bangladesh. Pour obtenir une médaille de la Madone ou de Saint Jacques, cherchez à l'office du tourisme, peut être.


Bonne fête, saint curé Vianney qui combattiez les cabarets d'Ars détournant vos ouailles du Christ. Bonne fête ; voici de quoi faire des galipettes dans votre châsse.

Illustration libre de droit.

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À les voir en photo, on les cataloguerait rapidement "famille sage de l'ouest parisien" . À les voir en chemin on les nomme "baroudeurs dans l'âme" . Papa sportif mais en polo immaculé et short bien r